Pour moi, le bégaiement c’est…

Pour moi, le bégaiement c’est bien plus qu’un simple trouble de la parole.

Pour moi, le bégaiement c’est ma bataille au quotidien depuis mon enfance.

C’est le nombre d’heures passées dans le bureau de mon orthophoniste.

C’est la quantité incroyable de larmes versées, car personne ne me comprenait lorsque j’étais enfant.

C’est expliquer aux gens que je ne bégaie pas parce que je suis nerveuse, mais parce que j’ai une différence.

C’est devoir apprendre à gérer mes émotions et ma parole en même temps

C’est avoir des lettres de l’alphabet que je déteste prononcer, comme le T ou le P.

C’est vivre des découragements les jours où je n’ai aucun contrôle sur ma fluidité.

J’ai commencé à voir une orthophoniste à l’âge de 13 ans. Enfant, je refusais car je me disais que ça allait passer. Les années ont passé, et ça l’a empiré. Dire une syllabe me prenait une éternité. À 13 ans, j’ai accepté d’aller voir une orthophoniste et ce fut la meilleure décision de ma vie. Ça a été très difficile au début, j’ai eu des moments de découragement total (au point où je souhaitais que mon bégaiement disparaisse comme par magie). J’ai beaucoup pleuré de frustration, mais je savais que c’était un coup à donner pour pouvoir être capable de m’exprimer. J’ai vécu des petites victoires qui m’ont donné la force de continuer ma bataille : être capable de faire une pièce de théâtre à l’école, être capable de faire un exposé oral, être capable de tenir une conversation sans avoir d’accrochage quand je parle. Voir une orthophoniste a été bénéfique et je ne le regretterais jamais. Aujourd’hui, j’ai 24 ans, j’arrive à le contrôler. J’ai réussi à surmonter mes obstacles. Je suis maintenant éducatrice spécialisée dans le milieu scolaire.

Pour moi, le bégaiement c’est une montagne russe sans fin. C’est avoir des hauts et des bas. C’est vivre beaucoup plus de victoires que de défaites.

Pour moi, le bégaiement c’est ma réalité et je l’ai accepté.

Marika Durocher, 24 ans

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