Sortir de sa zone de confort

Au moment d’écrire ces lignes, je termine mon séjour de deux mois aux États-Unis pour mon travail. Tout a commencé à la fin du printemps quand ma boss m’a demandé si j’étais intéressée à aller aider un autre site de la compagnie où je travaille. Mon premier feeling a été d’être excitée par la proposition! Je pensais au voyage, aux fins de semaines de découvertes… Rapidement, le stress est embarqué. Mon bégaiement dans tout ça? Comment allaient réagir mes nouveaux collègues de travail? Serais-je capable de m’intégrer? Ca m’a fait énormément peur! Je savais que j’allais sortir de ma zone de confort à 100 % avec ce projet. Guess what? C’est exactement la raison pour laquelle j’ai accepté l’offre! En plus, ça a été ma motivation à continuer lorsque mon stress était trop présent. 

Mon premier grand stress est que j’ai eu une seule et petite semaine pour tout préparer avant de partir. Je suis une fille qui est organisée et qui adore planifier les choses. Avec ce projet, j’ai été stand-by pendant plusieurs semaines, voire des mois. J’avais une équipe d’avocats qui m’aidait à préparer la demande de visa de travail, et tant que ce n’était pas complété, il y avait toujours une chance que je ne parte pas. Quand j’ai finalement eu l’autorisation de planifier le voyage, j’ai su que mon avion partirait une semaine plus tard. J’avais 7 jours pour tout planifier. De la réservation des billets, de l’hôtel jusqu’à la gestion de voyage en pandémie. Cette petite semaine a été très éprouvante pour moi. Au point où j’ai eu une mini-crise de panique. C’est la fois où j’ai été le plus stressée de ma vie. Aucun exposé oral ou entrevue ne m’a stressée autant que cette semaine-là. Il y avait tant de choses à faire, à planifier, d’appels à faire que j’ai remis en doute mon désir de vouloir y aller. Par contre, je voulais me prouver que j’étais capable, et ce désir a été plus fort que mes craintes. Ahh ces appels téléphoniques où je dois me présenter et expliquer ma requête. C’est vraiment une de mes bêtes noires! Après des appels à la banque, aux assurances, et autres, je dois dire que le téléphone n’est pas si pire que ça! Je me suis désensibilisée, il faut croire! Surtout que toutes les personnes avec qui j’ai parlé ont été compréhensives et m’ont écoutée jusqu’au bout sans me couper. C’est rassurant d’avoir autant de belles expériences dans la même semaine! 

Lorsque tout a été planifié — car oui j’ai réussi à tout planifier dans le peu de temps que j’avais —, c’était maintenant le temps de passer la douane américaine. J’ai souvent passé la douane, et ce n’est pas quelque chose qui me stresse habituellement. Par contre, dans cette situation, c’était l’étape qui pouvait faire en sorte que je ne puisse pas aller aux États-Unis. Je devais présenter ma demande de visa de travail temporaire à mon passage à la frontière, ce qui veut dire devoir expliquer à un douanier ma demande. On a toujours l’image des douaniers qui sont un peu bêtes, alors j’espérais très fort que mon bégaiement n’ait aucun impact sur ma demande. J’ai parlé à deux douaniers, et les deux étaient super gentils et m’ont écoutée attentivement. Ça a tellement bien été qu’en 10-15 minutes tout était terminé, et qu’à la fin, j’ai demandé au douanier « C’est tout? » un peu surprise de la facilité que j’avais eu à passer cette étape. Il faut dire que mon dossier était complet et qu’il avait été révisé par des avocats spécialisés. Par contre, je m’attendais à devoir répondre à plusieurs questions ainsi qu’à leur prouver que je comptais bel et bien revenir au Québec à la fin de mon séjour, car c’était un des points que les avocats m’avaient dit de me préparer. Finalement, je n’ai eu qu’à répondre à deux questions, soit la compagnie pour laquelle je travaille et le poste que j’y occupe. Deux questions dont je connais très bien les réponses! Après avoir passé la douane, le stress est tombé. L’étape critique était derrière moi et je pouvais officiellement partir en voyage! 

Il ne me restait que la nouveauté à gérer. Nouvelle ville, nouveau pays, nouveaux collègues de travail. Tout était nouveau pour moi. Cela voulait dire que c’était maintenant le moment des présentations. Tu sais le moment où nous faisons un tour de table et où nous devons dire notre nom? C’est un des moments que je redoute toujours. Je vois mon tour arriver à toute vitesse, et je stresse de plus en plus à chaque personne qui se présente. Il n’y a pas de recette magique pour ce moment. À moment donné, notre tour vient et on fait du mieux qu’on peut! C’est ce que j’ai fait et tous mes collègues ont super bien réagi à mon bégaiement! J’étais aux anges! Mon deux mois avec eux commençait très bien. 

Au final, mon expérience aura été bénéfique pour ma confiance en moi et en mon bégaiement! J’ai eu peur, j’ai eu le goût de tout laisser tomber, mais j’ai aussi eu la chance de me prouver à moi-même que je suis vraiment capable de tout accomplir! C’est la leçon que je retiens de cette expérience! En sortant de sa zone de confort, on se découvre et on ne peut qu’être fier de nous!

Photo prise lors d’une randonnée dans les environs de Reno, Nevada, où j’ai séjourné pour le travail.

Ce texte a initialement été publié dans le numéro de septembre 2021 du Communiquer.

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